Réseau de la sociale n°18

Publié le 15 juin. 2026
Image

Le renouvellement des conseils et conseils d’administration des organismes de Sécurité sociale s’est achevé début juin. Les mandaté·es des CPAM, CAF, CARSAT, URSSAF ont été désigné.es, ainsi que celles et ceux des organismes secondaires comme les UGECAM ou les Centres de Traitement Informatique des CPAM.

Cet exercice a représenté un travail important, ces derniers mois, pour les Unions départementales et les comités régionaux, chargés d’identifier, de proposer et de désigner les camarades volontaires pour exercer ces mandats. La mise en place des conseils est suivie de l’élection des présidences et des vice-présidences des conseils, de la composition des commissions, et des représentations extérieures. Même si les réformes successives ont considérablement réduit les prérogatives des conseils et des conseils d’administration, la C.G.T. doit continuer à y porter ses revendications et à peser dans ces instances pour améliorer la qualité du service rendu. Il s’agit aussi de défendre des orientations fondées sur la réponse aux besoins sociaux, à l’opposé des logiques gestionnaires et comptables imposées par la tutelle de l’État et soutenues par les représentants du patronat.

Pour la branche Famille, les récents arbitrages gouvernementaux concernant le report des crédits non consommés du Fonds national d’action sociale (FNAS) pénalisent une nouvelle fois les familles. Alors que la sous-exécution du budget 2025 atteint 640 millions d’€, l’État n’autorise le report que d’une partie limitée de ces crédits, privant ainsi la politique familiale de 514,5 millions d’€ qui pourraient pourtant être mobilisés immédiatement pour répondre aux besoins des territoires et des familles.

Au moment même où la baisse de la natalité est présentée comme une préoccupation majeure par les pouvoirs publics, les choix opérés vont dans le sens inverse des objectifs affichés. Les restes à charge pour les familles continuent d’augmenter, les projets de création de places d’accueil du jeune enfant peinent à aboutir faute de financements suffisants, les pénuries de personnel s’aggravent et les professionnel·les de la petite enfance demeurent insuffisamment reconnu·es et rémunéré·es.
Dans ce contexte, il nous faudra tout mettre en oeuvre pour faire face au prochain PLFSS qui s’annonce particulièrement brutal si l’on en croit les déclarations du Premier ministre sur la nécessité de réduction du déficit budgétaire. Comme trop souvent, tout laisse penser que ce seront une nouvelle fois les salarié·es, les retraité·es et les familles qui paieront l’addition, pendant que les intérêts du capital continueront d’être préservés.

La possible réforme visant à fusionner plusieurs prestations sociales dans une « allocation sociale unique » (ASU) constitue un autre exemple des projets menés pour réaliser des économies sur le dos des familles modestes. Derrière les discours de simplification administrative, c’est une remise en cause profonde des droits et de nouvelles restrictions d’accès aux prestations. Un article de ce numéro est consacré à ce sujet.

Il faudrait au contraire engager une politique ambitieuse de lutte contre le non-recours aux droits, qui prive chaque année des millions de personnes des prestations auxquelles elles peuvent prétendre. Le non-recours constitue aujourd’hui une atteinte majeure à l’effectivité de notre système de protection sociale et contribue à l’aggravation de la pauvreté et de la précarité.
Alors que l’inflation repart fortement à la hausse, la revalorisation des prestations sociales limitée à 0,8 % est une véritable provocation pour les bénéficiaires concernés. Elle est très loin de compenser la hausse du coût de la vie et participe à une nouvelle dégradation du pouvoir d’achat.

Dans le secteur de la santé, les hôpitaux demeurent plus que jamais confrontés au manque de moyens et de personnels, tandis que les inégalités territoriales d’accès aux soins continuent de se creuser. Le déficit de l’Assurance maladie ne signifie pas nécessairement que l’on dépense « trop » pour la santé ; il traduit avant tout un déséquilibre entre les dépenses que la société choisit de socialiser pour répondre aux besoins de la population et les recettes affectées à leur financement.

La protection sociale n’est pas un coût. Elle est un investissement indispensable pour la cohésion sociale, l’égalité et la dignité de toutes et tous.

Repère revendicatif